La manière de s’informer a profondément évolué ces dernières années. Avec l’émergence des nouveaux médias, notamment les podcasts et les créateurs de contenu, les sources d’information de la Gen Z (personnes nées entre 1997 et 2010) se sont largement diversifiées.
Première génération à avoir grandi dans un environnement entièrement digitalisé, elle ne consomme plus l’actualité comme les précédentes. Elle privilégie désormais les nouveaux médias avec des formats plus incarnés, accessibles et adaptés à ses usages. Les podcasts et les créateurs de contenu s’imposent ainsi comme de véritables nouvelles sources d’information, au même titre que les médias traditionnels.
Aujourd’hui, 44 % des 18-24 ans utilisent les réseaux sociaux comme source principale d’information (Reuters Institute, 2025). Un chiffre qui illustre une transformation profonde : l’information ne se consomme plus seulement, elle se vit au quotidien à travers des formats, des voix et des figures qui font désormais partie de l’environnement digital.
La transformation du modèle médiatique traditionnel avec l’émergence des nouveaux médias
Pendant longtemps, les médias traditionnels détenaient un rôle central dans la diffusion de l’information. Le modèle était simple : une diffusion descendante, où les journalistes produisaient l’information et le public la recevait.
Aujourd’hui, ce modèle est en pleine mutation. Avec l’essor des réseaux sociaux, des plateformes digitales, des créateurs de contenu et des autres nouveaux médias, l’information circule désormais à travers une multiplication de canaux. Chaque individu peut produire, relayer et commenter l’actualité en temps réel. Un chiffre illustre ce transfert d’influence : selon CB News, 31 % des 30-75 ans ont découvert un contenu média via un jeune de moins de 30 ans. L’information ne descend plus, elle circule.
Ce changement repose sur des attentes profondes :
- recherche de transparence et d’authenticité
- consommation à un rythme personnalisé
- besoin de représentation et d’identification
- volonté de participer à la conversation
Dans ce nouveau contexte, les médias traditionnels eux-mêmes ont dû s’adapter et investir ces plateformes. Des groupes comme Le Monde, TF1 ou encore Les Échos sont aujourd’hui présents sur les réseaux sociaux, où ils diffusent leurs contenus sous des formats plus courts, plus visuels et plus adaptés aux usages de la Gen Z. L’évolution de ces nouveaux médias confirme que les réseaux sociaux ne sont plus un simple relais, mais un véritable espace de diffusion et de concurrence de l’information.
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Les créateurs de contenu, nouveaux relais d’information pour la Gen Z
Contrairement aux médias traditionnels, la Gen Z accorde aujourd’hui une place centrale aux créateurs de contenu dans sa manière de s’informer. Ces nouveaux acteurs, leaders d’opinion, ont réinventé la manière de raconter l’actualité : plus incarnée, plus accessible et surtout plus proche de leur audience.
Cette évolution traduit surtout un déplacement profond de la confiance : elle passe des institutions médiatiques vers les visages. L’information est désormais expliquée par un pair, avec un ton pédagogique, adapté aux codes de la génération et perçu comme plus authentique. Les créateurs jouent ainsi un rôle clé de médiation, en rendant compréhensibles des sujets complexes grâce à leur capacité de simplification et de mise en récit.
Au-delà de la transmission, leur force repose également sur l’interaction possible via les nouveaux médias. Grâce aux sondages, aux commentaires ou aux formats participatifs, ils instaurent une relation bidirectionnelle avec leur audience. L’information ne descend plus verticalement : elle se construit dans l’échange.
Ce phénomène est illustré par la montée en puissance de news influencers, qui s’imposent désormais comme de véritables relais d’information sur les plateformes sociales. En France, HugoDécrypte en est l’exemple le plus emblématique. Avec 5,5 millions d’abonnés sur Instagram, il est aujourd’hui cité comme une source d’information plus consultée que certains grands médias. En 2024, le Reuters Institute Digital News Report affirme l’avoir cité plus de fois que les médias Le Monde, Le Figaro et Libération réunis.
Cette dynamique ne se limite pas à la France : le même rapport souligne également la montée des créateurs et “news influencers” dans la consommation de l’actualité, notamment sur TikTok, Instagram et YouTube, où ils concurrencent directement les médias classiques dans l’accès à l’information
Le Podcast : l’alternative immersive aux réseaux sociaux
Si les réseaux sociaux dominent le “snack content” (micro-contenu), le podcast s’est imposé comme le nouveau média de l’intimité et de la réflexion. Ce format connaît une croissance fulgurante auprès des jeunes actifs pour trois raisons majeures, qui prolongent justement les codes initiés par les créateurs de contenu.
Une relation de proximité :
Comme les créateurs de contenu, les podcasteurs développent une véritable relation avec leur audience. La voix crée un lien unique et plus intime. Les auditeurs construisent un sentiment d’appartenance et de fidélité envers l’hôte, rendant l’information plus vivante.
Une flexibilité totale :
Le podcast reprend également un autre atout déjà présent chez les créateurs de contenu : l’accessibilité. Il s’adapte à la vie de l’auditeur (trajets, sport, moments de détente) et non l’inverse. Contrairement au JT ou à la presse papier, avec ce nouveau média, c’est l’utilisateur qui choisit son moment, son rythme et son sujet.
La reconquête de l’attention :
Enfin, dans un environnement saturé de contenus courts et rapides, le podcast prolonge le travail des influenceurs en proposant une alternative plus immersive. Il permet de traiter des sujets de fond avec une profondeur que les formats courts ne peuvent pas offrir, tout en conservant une approche moderne et accessible.
Aujourd’hui, le podcast est un média connu par 94 % des Français et consommé par 44 % d’entre eux, ce qui pousse la quasi-totalité des groupes médias à investir ce format (Étude ACPM–CSA, données Médiamétrie, 2025). Les principales stations de radio et médias français dominent toujours le classement des podcasts les plus écoutés. Dans le classement des 10 podcasts les plus écoutés, en mars 2026, on y retrouve Radio Nova, Le Monde, NRJ ou encore Le Parisien, ce qui confirme que les acteurs médias traditionnels ont massivement intégré le podcast dans leur stratégie de diffusion (ACPM, mars 2026).
Quand l’algorithme redéfinit la fiabilité de l’information des nouveaux médias
Cependant, cette transformation des usages médiatiques n’est pas sans limites ni contradictions. Si les nouveaux médias offrent plus de proximité, de rapidité et d’accessibilité, ils soulèvent aussi des enjeux importants en matière de fiabilité de l’information. Selon le dernier Eurobaromètre du Parlement européen, près de 76 % des jeunes Européens âgés de 16 à 30 ans déclarent avoir déjà été exposés à des informations erronées ou à de la désinformation en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, où la hiérarchisation éditoriale traditionnelle est remplacée par des logiques algorithmiques. La montée en puissance de plateformes comme TikTok ou Instagram dans la consommation d’actualité renforce ainsi la question de la vérification des sources. Dans un environnement dominé par les algorithmes, les contenus les plus visibles ne sont pas forcément les plus fiables, mais ceux qui génèrent le plus d’engagement, ce qui favorise la viralité au détriment de la précision.
Une transformation des usages médiatiques qui redéfinit les stratégies des marques et des médias
Cette évolution des usages médiatiques de la Gen Z ne marque donc pas la disparition des médias traditionnels, mais plutôt leur recomposition au sein d’un écosystème plus fragmenté et interactif. L’information n’est plus détenue par un nombre limité d’acteurs, mais distribuée entre médias, créateurs de contenu, plateformes sociales et podcasts, chacun jouant un rôle complémentaire selon les besoins : immédiateté, proximité ou approfondissement.
Dans ce nouvel environnement, les marques et les médias doivent repenser leur manière de capter l’attention et surtout de construire la confiance. Être visible ne suffit plus : il faut être incarné, crédible et capable de s’intégrer dans les usages natifs des plateformes.
Ainsi, comprendre la Gen Z ne consiste pas seulement à identifier ses canaux de consommation, mais à appréhender une mutation plus profonde : celle d’une génération qui ne se contente plus de recevoir l’information, mais qui la sélectionne, la commente et la fait circuler.
Chez Oxygen, nous accompagnons les marques dans leurs stratégies de relations presse, d’influence et de social media pour intégrer pleinement ces nouveaux usages et ces nouveaux relais d’influence.
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